Euphoria

"D'une certaine façon, Euphoria semble assez unique lorsqu'il s'agit de représentation trans. C’est une œuvre fictionnelle où la transidentité n'est pas abordée exactement, ou du moins de façon non problématisée, à part dans l'épisode spécial sur Jules. Ce sont des sortes d'insinuations, ce qui interroge. Je ne crois, par exemple, pas avoir le souvenir d'avoir entendu le mot « trans ». Mon sentiment est que la question n'était pas soulevée. C'est à la fois un bon point, car on espère voir des femmes trans à l'écran sans qu'on s'en serve pour parler de transidentité. Nous ne sommes pas que ça et cet effet de loupe sur notre transidentité a un aspect déshumanisant assez paradoxal. Mon vécu trans, ça n'est pas « une histoire de trans », il est entremêlé d'autres choses, comme ma racisation. Ces amas d'identités font bloc et interagissent en permanence."

Strike a pose

« Nous devons nous efforcer de faire de notre mieux, sans nous soucier des autres. » Cette phrase pourrait à elle seule résumer l’esprit et l’atmosphère de POSE, série phare de FX et HBO. Elle est prononcée par son héroïne Blanca, femme pauvre, trans, latino, qui se débat dans l’Amérique raciste, transphobe et inégalitaire de la fin des années 80. Quand le show créé par Ryan Murphy, Brad Falchuk (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story) et Steven Canals est diffusé pour la première fois en 2018, nombreux sont celles et ceux qui découvrent la culture ballroom de New-York, à une époque où l’empire immobilier Trump prospère et où l’épidémie de sida, encore mal connue, décime la communauté LGBTQI+. Dès le premier épisode, Blanca apprend sa séropositivité. Elle garde ce secret pour elle et son meilleur ami Pray à mesure qu’elle évolue dans la scène ballroom.

Gessica Généus : «Avec “Freda”, je montre la sororité face à la misère»

Dans son pre­mier long métrage en salles ce mer­cre­di, Freda, Gessica Généus dresse le por­trait d’une jeune Haïtienne d’aujourd’hui, tiraillée entre la volon­té de recons­truire son pays et celle de par­tir pour s’offrir une vie meilleure. Une his­toire ins­pi­rée du par­cours per­son­nel de la cinéaste, pro­je­tée à la sélec­tion « Un Certain regard » du Festival de Cannes 2021. Interview de la jeune réa­li­sa­trice.

Sur Instagram, les comptes de motivation mascus prolifèrent

« Je tra­vaille sur trois choses : moi-​même, mon bon­heur, mon argent. » « Celui qui endure conquiert. » « Le rejet te rend plus fort, pas plus faible. » Dimanche midi, gueule de bois. Vous dérou­lez les sto­ries Instagram de vos connais­sances, même les plus loin­taines. Et puis vous tom­bez, la énième sto­ry ouverte, sur ce genre de cita­tions, accom­pa­gnées de pho­tos de lions, de Cristiano Ronaldo, de Tom Hardy ou de Cillian Murphy en noir et blanc, l’air pensif. Vous avez un sentiment de déjà-vu, et pour cause : cette esthétique mascu, vous l’avez aperçue plusieurs fois ces derniers mois. Elles proviennent de comptes Instagram dits de « motivation masculine ».